JULES-CÉSAR BRÉCHET

LA PASSION


À 42 ANS, JULES-CÉSAR BRÉCHET A DÉJÀ UN CV IMPRESSIONNANT DANS LE CINÉMA. OLIVER STONE, EDGAR REITZ, NICOLAS VANIER… IL A TRAVAILLÉ AVEC BEAUCOUP DE RÉALISATEURS RECONNUS. DEVENANT MÊME, PROGRESSIVEMENT, PREMIER ASSISTANT VOIRE RÉALISATEUR DEUXIÈME ÉQUIPE. À LA VEILLE DE BOUCLER L’ÉCRITURE DE SON PREMIER LONG-MÉTRAGE, IL IMAGINE ÉGALEMENT EXPLORER LE MONDE DES SÉRIES QUOTIDIENNES, DONT IL APPRÉCIE LA QUALITÉ. RENCONTRE AVEC UN MORDU DE LA PELLICULE.

Comment arrive-t-on dans le monde du cinéma ?

J’en suis tombé amoureux à cinq ans, suite au film Conan le Barbare ! J’ai voulu en faire mon métier, mais comme mes parents tenaient un jazz-club à Uzès, je voyais que beaucoup d’artistes galéraient. Au lycée, mes profs m’ont dit d’aller en école de commerce. Dès mon premier stage, je me suis retrouvé chez un producteur TV. J’y ai croisé des cinéastes, j’ai décidé de revenir à mon rêve. J’ai ensuite travaillé chez un distributeur de dessins animés, tout en mettant un pied dans le monde des courts-métrages.


Vous n’avez donc pas fait d’école de cinéma…

Cela a été un regret, mais je me sens chanceux. Très jeune, j’ai pu partir aux États-Unis pour un film de Lloyd Kaufman, un réalisateur atypique. On travaillait sept jours sur sept, c’était délirant ! En revenant, j’ai coréalisé courts-métrages, clips et pubs pendant quatre ans. Mais j’avais envie de plus grandes histoires. J’ai trouvé un poste en régie sur Holiday, de Guillaume Nicloux. Je me suis retrouvé à préparer les sandwichs ! Ce tournage a tout changé : j’ai sympathisé avec des personnes comme Anaïs Romand, créatrice de costumes, ou Julien Doré.


Vous avez ensuite dirigé Julien Doré dans votre court-métrage Le cri cosmique…

C’est mon premier vrai court-métrage… Julien a dit oui de suite et a été très investi. Ce rôle de génie à la timidité maladive lui parlait intimement. Nous nous sommes préparés pendant trois jours, isolés dans

une maison avec les trois acteurs. Cela m’a permis de trouver ma mise en scène. J’ai un vrai souci de l’image et du son, qui demandent du temps.


Vous avez participé à Savages, d’Oliver Stone. Ça doit être quelque chose !

C’est énorme. Chaque fois que l’on se déplaçait, c’était l’équivalent d’un stade de foot de camions. J’arrivais comme Production assistant, équivalent du troisième assistant. J’ai été dans l’équipe des accessoiristes, puis j’ai récupéré un casque et un scénario et je suivais le retour image, le travail des comédiens (Salma Hayek, John Travolta…). C’était un tournage en décors naturels. On a fait le tour de Los Angeles, des bas-fonds à de magnifiques villas. Voir ces personnes travailler m’a permis de désacraliser Hollywood. Eux aussi font du cinéma, un plan après l’autre !


Ensuite, vous êtes devenu premier assistant pour Guillaume Nicloux…

Je crois que c’est Anaïs, la costumière, qui m’a recommandé. Il aimait mon côté couteau suisse et m’a pris comme assistant réal pour trois de ses films. Il a un dispositif très simple et sait tourner à petit budget. Je me suis régalé. Il me disait souvent que je devrais faire mon film !


Vous avez travaillé auprès de Nicolas Vanier. Racontez-nous…

J’avais trouvé un poste de second assistant sur son film Poly, car il était tourné près de chez moi. En préparation, ils ont connu des difficultés pour deux décors naturels. Ils m’ont sollicité : en deux jours, j’ai trouvé les décors qu’ils cherchaient. Au début, on a rencontré des difficultés avec Poly, le poney. On m’avait chargé d’aller mettre en place un plan drone, mais le poney n’est jamais venu. J’ai fait des plans de paysage en jouant le poney, pour tester l’image. Les rushs ont donné le sourire à l’équipe. Le lendemain, Nicolas m’a laissé carte blanche pour une séquence avec des animaux. Le pari était gagné, je suis devenu réalisateur seconde équipe. Il m’a ensuite rappelé pour Champagne !


Envisagez-vous de réaliser un long-métrage ?

Je termine l’écriture de mon premier film. J’ai déjà les producteurs. L’objectif est de partir en casting, de

le financer et de le tourner le plus vite possible. Je trépigne. Je connais déjà les décors. Ce sera à Uzès, le scénario tourne autour de l’histoire du jazz-club de mes parents. C’est une histoire très personnelle avec un très long temps de maturation. Comme mon approche, c’est le cinéma spectacle, le feu d’artifice, je pars d’une histoire familiale pour en faire quelque chose qui envoie.


Vous vivez dans la région depuis 2016. Le monde des séries, cela vous intéresse-t-il ?

Oui ! En les regardant, j’ai été étonné par la qualité de l’image, de l’écriture. Étant sur un plateau comme un poisson dans l’eau, j’ai toujours envie de tourner davantage. Mes diverses expériences m’ont appris à travailler vite, à m’adapter aux contraintes. Ce serait donc un défi stimulant !