HUGAR PROD

LA SOCIÉTÉ DE PRODUCTION DE FRANÇOIS FONTÈS


François Fontès, vous êtes architecte et fondateur du Groupe Hugar, un acteur majeur dans les domaines de l’immobilier, de la culture et des médias. Quel est le lien, le dénominateur commun entre toutes ses activités ?

Il y a une cohérence au sein du métier d’architecte qui doit être porté par une vision culturelle, poétique et sociale afin de faire du sens. Pour atteindre ces objectifs, l’immobilier vertueux, qui a pour but principal de créer de la beauté, du plaisir d’habiter et de vivre ensemble, est corrélatif à mon métier d’architecte. La culture et les médias permettent de porter ces idées.


En 2017, vous lancez la filiale Hugar Prod, une société de production de films pour le cinéma. Comment en êtes-vous venu à investir dans le 7e art ?

Le 7e Art est également un moyen de porter la beauté, les idées sociales et d’aider la production cinématographique française, mais surtout de donner du plaisir aux spectateurs. C’est un engagement culturel comme celui qui m’a amené à racheter les librairies Sauramps, pour donner aux femmes et aux hommes de notre région matière à exercer leur goût des idées, la curiosité du savoir.

Peut-on affirmer que vous êtes cinéphile ? Quel type de cinéma appréciez-vous particulièrement ?

Le cinéma comme la littérature et l’art sont des moyens de découvrir des mondes et des émotions nouvelles, c’est en cela que je suis cinéphile et que j’aime tout type de cinéma, du cinéma d’auteur au cinéma de science-fiction dans la mesure où il porte des visions esthétiques et sociales.


Quel regard portez-vous sur le cinéma français d’aujourd’hui ? Comment voyez-vous le futur ?

Le cinéma français est un des premiers au monde porté par la richesse de ses auteurs, metteurs en scène, scénaristes, auteurs et producteurs. C’est une chance formidable d’avoir un substrat aussi qualitatif et appuyé par des aides de l’État. Ce sont cette qualité et cette inventivité qui peuvent maintenir le cinéma français à la pointe de la création même si les sujets sont très inférieurs à ceux du cinéma américain par exemple. Bien sûr, l’évolution du mode production télévisuel et sur le net va modifier le paysage, mais la qualité de notre cinéma sera un atout pour assurer cette transition.

Vos deux premières coproductions, « I feel good », une comédie sociale signée de Gustave Kervern et Benoît Delépine sortie en 2018, et « La Belle Époque » de Nicolas Bedos, sortie en 2019, ont été largement saluées par la critique et le public. Comment choisissez-vous vos projets ?

Tout cinéma commence par la qualité d’un scénario. Je lis celui-ci avec attention pour voir s’il correspond à ma vision et aux actions que j’ai relatées plus haut. « I feel good » était une satire sociale valorisant les compagnons d’Emmaüs, et beaucoup d’acteurs ont été recrutés parmi les membres de cette association. Cela faisait donc beaucoup de sens. « La Belle Époque » de Nicolas Bedos était un scénario plein de beauté, de sentiments et d’émotions sur le temps antérieur. La qualité d’écriture de Nicolas Bedos fut également un élément fort dans mon choix.


Concrètement, que faites-vous en qualité de producteur ?

Ce travail est essentiellement un travail d’appré-hension de scénario, j’en lis sept à huit par an. J’essaie d’appréhender la relation entre le scénario, le metteur en scène et les acteurs, mais je m’appuie sur des compétences déjà existantes avant de m’engager financièrement.


À quel moment du processus de production prenez-vous le plus de plaisir ?

Même si je vais très peu sur les tournages, j’aime leurs démarrages qui concrétisent tout le travail qui a été produit en amont. On sait à ce moment que le rêve primordial devient réalité. Mais le plus grand plaisir est l’accueil du public lors des premières projections.

Avez-vous des projets en cours de films ou de documentaires ?

J’ai co-produit « Mascarade », un film français écrit et réalisé par Nicolas Bedos et dont la sortie en salle est prévue en fin d’année 2022. Le réalisateur y dirige notamment Pierre Niney mais aussi Isabelle Adjani, François Cluzet, Marine Vacth, Emmanuelle Devos, Laura Morante et Charles Berling. Le tournage s’est achevé en septembre dernier et il y a un espoir pour qu’il soit présenté au prochain festival de Cannes.

Après la production, de la réalisation peut-être ?

Ce n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour.