LE PLATEAU

LA FORMATION D’ACTEURS QUI MONTE


À Montpellier, Le Plateau vit une ascension fulgurante. La raison ? Une pédagogie originale, centrée sur le jeu devant caméra et la diversité des intervenants. Et cela paye : les anciens se retrouvent au générique de nombreuses séries. Armelle Esnault et Julien Izard, cofondateurs, racontent cette folle aventure…


Demain nous appartient, Ici tout commence, Un si grand soleil … Les anciens du Plateau sont partout ! Armelle Esnault, Julien Izard, quel est votre secret ?

Armelle : On propose quelque chose de différent. En général, une formation d’acteurs, c’est le cours d’un professeur. Nous, chaque semaine, nous proposons des modules avec des intervenants différents issus de la profession. Et puis, nous sommes très orientés travail face caméra. Avec un volume important de cours : 15 à 20h par semaine.

Julien : Le Plateau, ce n’est pas une méthode, c’est une boîte à outils. Chacun apporte des approches différentes. L’essentiel, c’est que chaque élève développe sa propre sensibilité. Une scène d’émotion, il faut que ça marche !


Comment l’idée de lancer cette formation est-elle née ?

Julien : À la base, j’étais réalisateur. Une amie directrice de casting m’a proposé de travailler avec elle. J’ai réalisé qu’un fossé existait entre formation et milieu professionnel. Des comédiens bons à l’école se liquéfiaient au moment des castings. Il manquait une formation adaptée dans le Sud.

Armelle : En novembre 2017, nous avons organisé un stage avec 9 élèves. À la fin, ils ont eu envie de continuer. Nous disposions de locaux, nous avons lancé la formation.


Vous en avez fait du chemin en quatre ans !

Julien : Les choses sont allées très vite, de façon exponentielle. 9 élèves puis 34, 70, et maintenant une centaine. Nous sommes un peu débordés !

Armelle : Surtout que nous n’avons pas fait trop de pub. C’est essentiellement grâce au bouche-à-oreille.


Vos parrains sont les acteurs Kad Merad, Pascal Demolon et Olivia Côte. Qu’est-ce que cela apporte ?

Julien : Au début, nous nous sommes appuyés sur eux, sur leur nom. Cela nous a donné de suite une crédibilité. Maintenant, on en parle moins. En tout cas, c’est un plus pour les élèves quand ils interviennent.


Qui sont vos élèves ?

Armelle : On ne peut faire cela que si l’on est passionné. On a aussi bien de jeunes bacheliers de 18 ans qu’un ancien chef d’entreprise de 55 ans. Certains ont déjà eu une expérience professionnelle et ont fait un peu de théâtre à côté. Ils ont toujours voulu devenir acteurs, cela a toujours été un regret. Par exemple, une de nos élèves était dentiste. Ils voient la formation comme une chance de vivre leur rêve.

Julien : Ils arrivent d’un peu partout, des Antilles, de l’Est, de Suisse, du Maroc, d’Espagne et même de Paris. Lors des auditions, on cherche à varier les profils. L’important, c’est de vouloir en faire un métier.

Que viennent chercher vos élèves ?

Julien : Une formation comme celle-ci, c’est un voyage initiatique. On n’est surtout pas à l’école ! Bien sûr, il y a des exigences, des règles. Mais il faut avoir envie de se lever le matin. On est embarqués avec eux.


Comment réagissez-vous lorsque vous voyez des anciens réussir ?

Julien : C’est notre meilleure publicité. On peut citer Marvin Pellegrino dans Ici Tout commence, Marie Caizergues dans Demain nous appartient, plusieurs dans Un si grand soleil ... D’ailleurs, Occitanie films avait organisé un concours, en faisant venir deux gros directeurs de casting. 18 personnes ont été sélectionnées, dont 7 élèves du Plateau. C’est une marque de confiance. Par contre, on ne peut pas promettre 100 % de débouchés, car c’est un métier complexe.


Vous allez rejoindre le grand projet Pics Studio, à Saint-Gély-du-Fesc. Qu’est-ce que cela change ?

Julien : Nous ne mesurons pas encore ce que ce nouvel outil va offrir. Cela va ouvrir des opportunités grâce aux tournages pour les plateformes. Mais Le Plateau ne deviendra jamais une énorme structure. Nous tenons à notre dimension familiale, nous souhaitons connaître tous nos élèves. Nous ne serons jamais 500, ce serait trop.


Est-il possible de faire une carrière d’acteur à Montpellier ?

Julien : Il y a 4 ans, je vous aurais dit que c’était forcément à Paris. On n’imaginait pas que Montpellier exploserait comme ça. Je suis donc moins formel. Il faut voir si cela continue. En tout cas, on nous appelle en permanence. On reçoit un directeur de casting par mois ! Montpellier, cela a pris. C’est super pour nos élèves.