ARIANE BRODIER

INTERVIEW SANS DÉTOUR


SILHOUETTE FÉMININE, SOURIRE DOUX ET INALTÉRABLE, ARIANE BRODIER EST UNE FEMME DE CŒUR AUX CONVICTIONS SOLIDES. À 42 ANS, L’HUMORISTE ET COMÉDIENNE SAVOURE SA CHANCE. DEPUIS LE 6 SEPTEMBRE, ELLE EST LE NOUVEAU VISAGE DE LA MATINALE DE FRANCE 3 OCCITANIE « VOUS ÊTES FORMIDABLES », UNE ÉMISSION DIFFUSÉE TOUS LES JOURS ENTRE 9H ET 10H. C’EST EN TOUTE SIMPLICITÉ ET POUR NOTRE PLUS GRAND PLAISIR, QU’ELLE EST REVENU LE TEMPS D’UN DÉJEUNER AU PULLMAN MONTPELLIER CENTRE, SUR SON PARCOURS ET LES GRANDES LIGNES DE SON ACTUALITÉ.


Ariane, vous êtes le nouveau visage de la matinale de France 3 Occitanie « Vous êtes formidables ». Comment s’est passé le lancement ?

Très bien. Les retours sont très positifs. L’émission est diffusée en Occitanie mais aussi au national sur le câble ou à l’étranger. C’est une première.

Vous nous en dites un peu plus sur le concept de l’émission ?

Comme son nom l’indique, il s’agit de mettre en avant des personnes formidables qui font vivre la région. Les invités et les chroniqueurs s’enchaineront pour partager leur histoire, leur talent, leur art. Sur cette première session j’ai reçu le directeur d’Occitanie Films Karim Ghiyati, la comédienne Marie-Gaëlle Cals, le rappeur Demi Portion mais aussi Pierre Viala, un producteur d’huile d’olive qui pratique une culture en biodynamie. C’est une émission d’accueil où l’on vient en toute simplicité discuter, échanger sur des sujets sérieux, d’autres plus légers.

Vous utilisez l’un des plateaux de tournage de la série diffusée sur France 2 Un si grand Soleil ?

En effet, nous tournons sur le décor de la paillote, une semaine par mois, quatre émissions par jour. C’est un rythme de tournage et d’écriture très soutenu. Sur les quotidiennes, en règle générale, on écrit la veille pour le lendemain, parfois même le jour J. Là j’ai une semaine complète d’écriture.

Il y a douze ans, vous décidiez d’arrêter la télévision. Pourquoi ?

À ce moment-là, la femme y avait moins de place. C’était souvent un faire-valoir…un second couteau. Je n’étais pas forcement heureuse dans ce rôle d’animatrice qui était à l’opposé de moi, je ne m’y retrouvais plus. Je me suis dit à jouer un rôle, autant faire de la fiction. Aujourd’hui la télévision a beaucoup évolué. La plupart des gros primes sur France TV sont présentés par des femmes. Et on ne me propose plus les mêmes choses qu’à 30 ans. Lorsque l’on m’a parlé du projet, j’ai un peu douté. J’aurais bien intégré une série des environs. Mais encore faudrait-il qu’un personnage se crée, et surtout qu’il me corresponde. Finalement, je crois qu’il y a un moment pour tout. Avec cette nouvelle émission, j’ai carte blanche sur tout, je suis à côté de mes enfants, dans une région dont je suis tombée amoureuse, c’est un luxe.

Vous travaillez sur un nouveau spectacle ? Vous en êtes l’auteure cette fois aussi ?

Oui, je joue une demi-heure à Dijon fin septembre et un sketch pour les 25 ans de Teva. Mon premier spectacle, Mytho, parlait d’une fille célibataire. J’y reprenais le mythe d’Ariane en partant de l’idée que mes parents m’avaient donné un prénom porteur de malchance sur le plan sentimental. Celui-ci est plus proche du stand up, de moi, de ma vie de femme et de maman, de mes complexes, ma vie dans le Sud, le racisme. Pour la petite histoire, il y a 10 ans, j’étais venu roder mon spectacle ici à Montpellier au théâtre Le Point Comédie. Pourquoi ne pas faire pareil avec celui-ci.


Des projets en tant que comédienne ?

Oui, j’ai tourné dans un superbe court métrage de Thierry Obadia à Toulouse cet été avec Firmine Richard et Ludovic Berthillot. Normalement, je serai aussi sur un long métrage en 2022…


Vous animez également des cours de yoga ?

J’ai commencé à pratiquer il y a environ 15 ans avec Aria Crescendo. Elle pratique un yoga dynamique, très physique. Quand je suis arrivée ici, je n’ai pas trouvé d’équivalent. C’est elle qui m’a encouragée à me former. Maintenant je donne des cours !


Vous êtes très présente sur les réseaux sociaux, notamment Instagram où 720 000 personnes vous suivent. C’est important pour vous d’être proche de votre communauté ?

Oui complétement. Je l’ai ressenti encore plus pendant le confinement. Beaucoup de mes projets n’ont pas vu le jour suite à la crise sanitaire. Heureusement qu’il y avait les réseaux. Et puis au-delà de cela, j’y ai fait de très belles rencontres comme avec Diffuse, une plate-forme qui met en avant de nombreuses associations. Je relaie tous les événements qui se font, je participe aussi quand je le peux. Il ne faut pas toujours diaboliser les réseaux, il s’y passe aussi de belles choses.

La scène, la télévision, vous en aviez toujours rêvé ?

Non pas véritablement, je voulais être auteure. J’ai commencé la télévision j’étais encore à l’école. J’aimerais écrire un deuxième livre mais c’est toujours pareil, c’est chronophage…

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Tout est arrivé un peu par hasard, je dessinais des maillots de bains pour les Galeries Lafayette car j’ai un diplôme de styliste. Je faisais du théâtre, je voulais écrire…quand la télé s’est présentée j’ai dû faire un choix et j’y suis allée à fond. Mais sans vraiment vouloir faire cela. J’ai tout appris sur le terrain, à monter, à tourner, j’ai toujours écrit mes émissions, j’ai fait énormément de direct. Je dirais que j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir faire tout cela.


Vous êtes animatrice, comédienne, humoriste, professeure de Yoga, vous avez écrit un livre, vous avez deux jeunes enfants très rapprochés en âge et vous êtes toujours si pétillante ! Comment faites-vous ?

Je me lève tôt ! Vers 5h30. Et je fais du sport. Honnêtement, je ne peux pas me plaindre. J’ai deux enfants en bonne santé, j’ai du travail, je suis passée d’un 48m2 parisien à une maison dans le Sud, j’ai une qualité de vie incroyable.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter alors Ariane ?

L’apaisement. Continuer de rêver, de matérialiser et de faire tout ce dont j’ai envie. J’aimerais beaucoup jouer un rôle qui soit aux antipodes de ce que l’on me propose. Une femme écorchée par exemple. Ou qu’on me demande de me raser la tête. Je voudrais vraiment me mettre en danger. Ou bien un rôle dans lequel je puisse exploiter toutes mes capacités sportives.