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FRÉDÉRIC VAN DEN DRIESSCHE

AVENTURIER


ACTEUR, COMÉDIEN, DOUBLEUR... À 66 ANS, FRÉDÉRIC VAN DEN DRIESSCHE A UN IMMENSE

CV D’ARTISTE. INTERPRÉTANT LE RÔLE DU DOCTEUR ALPHAND DANS UN SI GRAND SOLEIL, IL

EST ÉGALEMENT LA VOIX DE LIAM NEESON OU DE VIN DIESEL. UN GRAND ÉCART QUI NOURRIT

CE PASSIONNÉ DE JEU.

FRÉDÉRIC VAN DEN DRIESSCHE
FRÉDÉRIC VAN DEN DRIESSCHE

Frédéric Van Den Driessche, qu’est-ce qui fait que l’on devient comédien ?

Cela m’a pris quand j’étais en cinquième. De près ou de loin, c’est sans doute une façon de trouver l’affection qui manque dans sa jeunesse. Être reconnu, voire aimé à travers un personnage, c’est

une reconnaissance autre que soi-même. Vous avez fait du cinéma, du théâtre, du doublage…

Cela doit être étrange de ne plus être soi ! Quand on revient de voyage, on éprouve du bonheur

à retrouver ce que l’on connaît. C’est un peu la même chose que de « partir » dans une personne. On essaie de se convaincre et de convaincre les autres, de s’immiscer dans la peau d’un autre. Finalement, on se comprend mieux soi-même quand on revient, que l’on se regarde dans la glace.


Vous avez les deux facettes, acteur et comédien. Comment vous positionnez-vous par rapport à ces deux mondes ?

J’adore être désiré, même pour une pub ou une voix. Je me suis battu sur tout. Je n’ai jamais rien refusé. J’ai toujours essayé de convaincre, de travailler. J’ai adoré le théâtre. Il me manque en ce moment, car Un si Grand Soleil ne laisse pas trop le temps. J’ai longtemps hésité à jouer dans cette quotidienne. En fait, j’avais peur. Mais je ne regrette pas du tout cette aventure.


À la télévision, avant Un si Grand Soleil, on vous a connu comme Louis Page, sur France 2. Comment bascule-t-on du cinéma au petit écran ?

Restons modeste, je n’ai pas fait tant de films que cela. Je n’ai donc pas eu la sensation de basculer.

Je parlerais plutôt d’un voyage. Comme je le disais, j’ai toujours fait ce que l’on me proposait. Parfois, très rarement, j’aurais pu m’en passer ! J’ai toujours défendu les projets. Quand je repense à mes différents rôles, j’éprouve beaucoup de nostalgie. Depuis quatre ans, vous êtes Alain Alphand, le

médecin d’Un si Grand soleil. Une quotidienne, c’est un sacré rythme ! Pour arriver à être ne serait-ce que pas mal à l’écran, convaincant, dans les temps impartis de tournage, la rapidité d’exécution, la précision, c’est complexe. L’exercice est formidable. Dans ce carcan, je peux être créatif. Alain Alphand reste un personnage un peu en retrait. Mais j’aime beaucoup ce rythme. J’aime aussi les accélérations, comme en ce moment. L’écriture me fait arriver une fille et un petit-fils. J’ouvre sur quelque chose de plus intime. Cet homme a toujours voulu avoir un enfant. Là, cela arrive un peu par surprise à cause d’un test ADN. Cela nourrit un peu différemment le personnage. J’espère que les spectateurs suivront.


Le scénario s’écrit en temps réel. Est-ce facile de jouer quand on ignore la suite ?

Cela ne me déplaît pas du tout. Au tout départ, j’avais une belle arche, bien construite. L’an dernier, il y a eu un long moment où j’étais plutôt accompagnateur. Je dois avouer que je commençais un peu à me lasser. Puis cette histoire de filiation est arrivée. En fait, je n’ai eu que de bonnes surprises. J’en avais

parlé avec Jean Carmet. En tant qu’acteur, on est une sorte de pâte à modeler. Quand on travaille avec un bon metteur en scène, de bons camarades, cette pâte est malléable dans tous les sens. La surprise, même si elle n’est pas terrible, c’est que l’on arrive toujours à en faire sortir quelque chose.

Votre fille Esther a rejoint le feuilleton. Cela a dû être une belle émotion… Ça l’est. Hélas, pour l’instant, on n’a rien à jouer ensemble. Je l’ai dit aux auteurs : j’aimerais avoir l’occasion de la croiser au moins une fois. Un petit clin d’oeil. J’espère qu’elle y éprouvera beaucoup de plaisir. Au départ, on a toujours le trac quand on arrive dans une telle machine. Mais elle se débrouille bien.


Vous êtes la voix de Liam Neeson depuis 31 films. Cela vous plaît-il ?

J’en suis très heureux. J’ai commencé pour le premier Taken. Plus je l’ai doublé, plus j’ai appris à connaître l’acteur. Je trouve qu’il est extrêmement fin. On voit surtout ses films d’action en France. Mais j’ai eu à doubler des rôles dans lesquels il est très différent. C’est un putain d’acteur ! J’aimerais beaucoup le rencontrer.


Comment se sent-on quand on double Vin Diesel dans Fast and Furious ?

Pour le coup, c’est vraiment drôle. On n’imagine pas un jour faire ce genre de choses. Quand on voit le

bébé arriver et dire (il change sa voix) « Il faut pas toucher à la famille »… Parfois, on éclate de rire. Mais

cela fait partie du boulot. Il faut rentrer complètement dans ce qu’il fait.


N’est-ce pas complexe de ne jouer que de sa voix ?

C’est un sacré exercice. On est seul au micro. On essaie de ne pas trop abîmer ce que fait l’acteur originellement. C’est un challenge. Quand je double, tout mon corps bouge ! Après, je conseille

toujours de regarder l’acteur dans sa propre voix, on ne pourra jamais le remplacer. Mais on arrive parfois à être au plus près, dans le jeu.


Comment vit-on en étant la « voix de » ?

C’est ce qui m’a le plus subjugué. Un jour, à la boulangerie, je dis bonjour. Une femme se retourne et

me dit : « vous êtes la voix de Liam Neeson ! ». Je suis tombé du grenier à la cave. (Il change de voix) Surtout que cette voix, je l’abaisse un peu quand même. Être reconnu ainsi c’est très étrange. C’est intime.


Comment imaginez-vous la suite ?

Il y aura forcément une lassitude un jour. Il faut avoir le courage de partir à un moment. Mais c’est très

difficile, car j’aime vraiment jouer. J’ai 66 ans, mais je peux encore connaître de belles expériences. Je serai soumis au désir de l’autre. Cela fait partie de notre métier. Jouer, c’est ma dope. Quand je n’ai pas de rôle depuis trop longtemps, « je deviens pas beau ! »






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